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Publié le 13/07/2007 à 09:16
Édité le 13/07/2007 à 09:16

Les Coloriés - Alexandre Jardin

Les Coloriés Est-il possible de vivre sans adultes ? De dire non a l'univers raisonnable et sérieux des grandes personnes ? Ecoutez plutôt. Il était une fois une île dans le Pacifique où vit un peuple qu'aucune carte n'a jamais répertorié : les Coloriés. Turbulents, sincères et gobeurs d'instants, ils vivent dans un univers sans adultes où l'enfance et le jeu sont devenus une culture à part entière. En 2003, l'ethnologue Hippolyte Le Play rencontre à Paris Dafna, une jeune et ravissante représentante du peuple colorié. Imprévisible, gouvernée par ses émotions et ses désirs fantasques, cette " grande petite fille " le bouleverse immédiatement. Mais les Coloriés ne sont pas oiseaux que l'on apprivoise facilement. Et voilà Hippolyte embarqué dans une course-poursuite imprévue qui l'entraînera bien loin de chez lui. Avec ces Coloriés et leur fantaisie tendre et espiègle, l'auteur du Zubial et dru Zèbre nous offre là son roman le plus déroutant et le plus drôle. Une véritable invitation à se hisser à la hauteur si dépaysante de l'enfance.


Après Le petit sauvage, Alexandre Jardin remet le couvert avec sa thématique "un esprit d'enfant dans un corps d'adulte", mais de façon décuplée. Ce n'est plus un sauvage, mais tout une tribu qui se trouve à la merci du crayon du trublion. Une porte ouverte sur un univers enfantin, univers nettement plus spontané, plus sincère, plus extravagant et imaginatif, l'histoire d'un auteur qui n'a qu'une envie, celle de replonger en enfance pour se livrer à son imagination, laisser libre cours à son instinct et à la spontanéité. Là où Le petit sauvage raconte l'histoire d'une grande personne qui souhaite redécouvrir ses rêves d'enfants, Les Coloriés conte l'histoire de Dafna, une "grande petite fille" qui n'a jamais quittée cette période privilégiée qu'est l'enfance mais qui se retrouve parachutée dans notre monde quotidien. Quiproquos, grosses colères, scènes cocasses, une rebellion dans un magasin de jouets, cet esprit enfantin et farfelue dans le corps d'une ravissante jeune fille cause des ravages partout où il met les pieds. Une cabane dans les arbres, des envies de crêmes glacées, des batailles d'oreillers, rien ne nous est épargné de ces joies enfantines, que l'auteur dépeint avec espièglerie et justesse.
Alexandre Jardin pousse le vice à une adjoindre une autre de ses thématiques préférées, l'amour et la passion qui l'accompagne, ainsi les Coloriés le réinventent tout les jours avec un coeur grand comme ça. La passion devient une reconquête quotidienne. D'une écriture fluide, ce roman de poche qu'on a plaisir à lire, passe à la vitesse grand V, et voyage à la fois dans le temps entre l'enfance et l'adultie, qui devient une maladie, et autour du globe entre la banlieue et l'île des Coloriés.
À destination de son public plus jeune, Alexandre Jardin a également publié deux livres illustrés : La révolte des Coloriés et Le secret des Coloriés.

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Publié le 01/04/2007 à 01:34
Édité le 01/04/2007 à 01:34

Le Château Blanc - Orhan Pamuk

Le Chateau Blanc : Orhan Pamuk
Le narrateur est un Italien de vingt ans, féru d'astronomie et de mathématiques. Capturé par des marins turcs et jeté dans la prison d'Istanbul, il se dit médecin, et est offert comme esclave à un hodja, un savant. Le maître oriental et l'esclave occidental se ressemblent de manière effrayante, éprouvent une méfiance immédiate l'un pour l'autre. Mais ils ne se séparent pas, vivent ensemble, travaillent ensemble, quotidiennement, d'abord sur la pyrotechnie, ensuite sur une horloge, enfin sur une redoutable machine de guerre pour Mehmet IV, dit le Chasseur, sultan de 1648 à 1687. Ensemble encore, ils contribuent à l'éradication d'une épidémie de peste. Tantôt dominant, tantôt dominé, des années durant, chacun raconte sa vie à l'autre. Puis les deux doubles doivent s'engager, avec leur machine de guerre, dans la désastreuse campagne polonaise. Mise à l'essai sur un château blanc, la machine ne fonctionne pas. Craignant pour sa vie, le Maître usurpe l'identité, la personnalité et le passé du narrateur. Celui-ci reste à Istanbul, devient le Maître. Des années plus tard, il entend parler de l'Autre, comme d'un ancien esclave capturé par des marins turcs, et qui s'est évadé...


Ça s'annonçait bien, un titre un peu poétique, "Le chateau blanc", l'histoire un peu originale, d'un esclave et de son maître que l'on vient à confondre à la fin, un auteur, Orhan Pamuk, nobel de littérature 2006. Presque tout les éléments étaient réunis. Mais voilà, avant de faire un chef-d'oeuvre, il faut souvent essuyer les plâtres, Orhan Pamuk lui est ressortit tout blanc de son château de sable.
L'univers de ce Château Blanc, c'est ce duo, un italien érudit et un turque savant. L'un apprend à l'autre son art, sa science et sa vie. L'autre en vient à jalouser son partenaire. La première partie se déroule plutôt sans encombre, ensuite celà se gâte. Les mêmes arguments et mêmes discussions tournent en rond, se font répéter à longueur de pages, parfois même avec insistance, si Orhan Pamuk à voulu exprimer l'ennui des journées de cet Esclave cloîtré dans la demeure de son Maître pendant que celui-ci s'entretien avec le Vizir ou le Sultan, c'est fort bien réussi, mais pas forcément matière à roman. Puis viens le jeu de miroir, l'Esclave prend la place du Maître, se prend à jouer "à l'autre", vient même à en avoir des troubles de la personnalité, puis apprend qu'un turc érudit s'est installé en Italie et lui ressemble fort, en bref retour à la case départ. L'auteur incite même à retourner à une certaine page décrivant une scène vue à travers une fenêtre pour comprendre le retournement de situation. Jeu de miroir (à prendre au premier degré avec la scène schizophrène entre les deux accolytes), distantiation à travers des fenêtres, pour ajouter encore plus de boucles, le livre ouvre sur l'introduction d'un manuscrit trouvé qui contient l'histoire en question.
Bref, Daniel Pennac s'est emmêler avec ses sosies et Orhan Pamuk n'a pas fait mieux.
À éviter.

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Publié le 27/03/2007 à 22:39
Édité le 27/03/2007 à 22:39

Windows on the world - Frédéric Beigbeder

Windows on the world
"Vous connaissez la fin : tout le monde meurt. Certes, la mort arrive à pas mal de gens, un jour ou l'autre. L'originalité de cette histoire, c'est que tous ces personnages vont mourir en même temps et au même endroits. Est-ce que la mort crée des liens entre les êtres ?"

Le seul moyen de savoir ce qui s'est passé dans le restaurant situé au 107ème étage de la tour nord du world Trade Center, le 11 septembre 2001, entre 8h30 et 10h29, c'est de l'inventer.


Ça partait pourtant d'une idée pas trop mauvaise en soit, un peu dans l'air du temps, conter l'histoire d'un père et de ses deux rejetons prenant le petit-déjeuner au sommet d'une des tours du World-Trade Center (le matin du 11 septembre, celà va de soit). À priori... Sauf que là au lieu d'avoir une histoire cohérente, ce sont deux simili-récits qui se superposent, un saucissonnage un peu maladroit, des calques un peu grossier, une certaine idée de la boucherie littéraire (à défaut de narrer correctement celle de la fiction-réalité)... Chapitres pairs, Carthew Yorston disserte sur sa vie décousue, son manque de fibre paternelle et son manque d'engagement, et accessoirement essaye de sauver ses gosses d'un incendie qui pue le kérosène. Chapitres impairs, Frédéric Beigbeder s'auto-appitoie sur son sort, mélange l'écrire de ce livre (ahh les jeux de miroirs...) et sa copine qui l'a largué, et essaye vainement d'en tirer une substance utilisable, mais le peu qu'il en tire lui glisse entre les doigts. Un style un peu décousu, à l'emporte-pièce, où des pans entiers de mur manque à l'édifice; dont le manque d'engagement se cache là encore derrière des excuses vaines. Quitte à esquiver des minutes tragiques, autant le faire avec subtilité, discrétion ou discernement...
Un livre laborieux donc, avec un petit mélange de franglais plus qu'irritable, les Windows on the World s'ouvrent tout compte fait sur un sérieux courant d'air !

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Publié le 13/07/2006 à 18:56
Édité le 13/07/2006 à 18:56

May contain nuts - John O'Farrell

May contain nuts Alice never imagined that she would end up like this. Is she the only mother who feels so permanently panic-stricken at the terrors of the modern world - or is it normal to sit up in bed all night popping bubble wrap? She worries that too much gluten and dairy may be hindering her children's mental arithmetic. She frets that there are too many cars on the road to let them out of the 4x4. Finally she resolves to take control and tackle her biggest worry of all: her daughter is definitely not going to fail that crucial secondary school entrance exam. Because Alice has decided to take the test in her place...With his trademark comic eye for detail, John O'Farrell has produced a funny and provocative book that will make you laugh, cry and vow never to become that sort of parent. And then you can pass it on to your seven-year-old, because she really ought to be reading grown-up novels by now...


Une nouvelle courte qui se lit vite, May contain nuts est vif, incisif et critique la middle-class anglaise (enfin surtout londonienne ici) au vitriol. Alice craint de laisser ses enfants hors du 4x4, à cause du nombre de voitures à l'extérieur, elle à peur du moindre adolescent avec un survêtement à capuche, et cherche à tout pris à ce que sa fille entre au Chelsea College, de peur qu'elle termine dans le lycée de quartier. Des parents près à tout pour la réussite de leurs enfants, quitte faire leur devoir à leur place, les montrant comme des marionnettes. Un livre bien écrit, mais ou parfois les comportement d'Alice et de son mari manque un peu de subtilité et de profondeur.

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Publié le 04/04/2006 à 22:34
Édité le 04/04/2006 à 22:34

The Snow - Adam Roberts

The snow Un jour de décembre, la neige se met à tomber... Sans discontinuer pendant plusieurs mois... Après ce déluge de poudreuse, peu de personnes ont échappés au froid.
Un peu dans la même lignée que "The day of the triffids", mais en moins bien ! Le livre commence vraiment bien, avec une histoire de chute de neige sans fin, mais s'embourbe dans des explications de hard-fi un peu indigeste par la suite et surtout vers la fin. Des personnages pas toujours crédibles, un peu douteux, sauf l'héroïne principale. Des trucs lourds au niveau de la narration : "[Blank] spoke to [Blank] about [Blank]", je t'en foutrais de la censure de merde pour faire style ! La fin, elle tiens plus du délire, même pas justifié ni développé, que d'une vrai fin... Bref, pas un modèle du genre.
Lisez les cinq premiers chapitres et barrez vous du magasin !

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Publié le 21/03/2006 à 23:59
Édité le 21/03/2006 à 23:59

Le petit sauvage

Le Petit sauvage
Synopsis : Gustave Eiffel avait fait une tour. Son descendant, Alexandre Eiffel, trente-huit ans, industriel, fabrique plus modestement des clés. Bien installé dans la vie, il est marié. Sa femme, Elke, lui sert de bouillotte et de somnifère. Mais un jour, il est rattrapé par son enfance, par ce petit garçon à qui son papa disait : - Le Petit Sauvage, tu es un fou. Le Petit Sauvage part retrouver la Société des Crusoé, l'île des Pommiers, la Mandragore et surtout Fanny, son bateau bleu et ses lèvres inoubliables. Mais les ans ont passé et le retour aux amours enfantines ne pourra se faire que grâce à Manon, la contrôleuse de volcans, qui fait l'amour dans les branches d'un séquoia... L'aventure se poursuit jusqu'au bout du monde, jusqu'au bout de la vie. Adulte qui joue à l'enfant, enfant qui joue à l'adulte, Alexandre est la création la plus originale de l'auteur du Zèbre. Qui d'autre sait, comme lui, retrouver l'exacte senteur de l'enfance ?.

Après l'incontournable et merveilleux Fanfan, Alexandre Jardin revient avec un thème un peu différent. Alexandre Eiffel vent en effet retrouver la fougue, la candeur, l'intrépidité, l'absence d'inhibition et l'intelligence qui sont le propre de l'enfance. Écrite d'un plume légère et virulente, Alexandre Jardin remet en place nombre de facheux de ce monde ayant abandonné leur idéaux d'enfance, ces moteurs d'imagination, de rêves et de créativité. Derrière le thème du sérieux et de l'ennui d'une vie d'adulte rangé, Alexandre Jardin en profite pour y glisser un thème qui lui est cher, la Passion s'invite ici entre Alexandre et Manon, s'invitant et brulant ces ailes, comme un écho à Fanfan. Le petit sauvage déconstruit avec application sa petite vie rangé, et retrouve ces pouvoirs d'enfance tout en trouvant la passion, beaucoup plus transporteur qu'une blonde insipide écarant des jambes lisses... Audace littéraire en fin de volume avec cette mise en abime et cette mise scène graphique plutôt originale.

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Publié le 18/09/2005 à 13:50
Édité le 18/09/2005 à 13:50

Le dictateur et le hamac - Daniel Pennac

Le dictateur et le hamac Au jeu du mirroir dans le mirroir, Daniel Pennac fait une pierre deux coups, avec deux jeux de mirroirs qui s'emmelent.
L'histoire d'un dictateur se faisant remplacer par un sosie (et donc l'histoire de la fuite du dictateur et sa errance en Europe). L'histoire du sosie qui se fait remplacer par un sosie (et donc l'histoire de la fuite du sosie et sa errance aux États-Unis). Mais également et surtout des aperçus de l'auteur en train de penser à ces histoires dans son hamac.

Question de style et de goût personnel, je n'aime pas vraiment être pris à parti par l'auteur directement (e.g. "et toi lecteur qu'en penses-tu ?", je ne suis que spectateur d'une histoire déjà écrite noir sur blanc... alors tu pense bien gentil écrivain que je sais que tu te fous de mon avis. Si c'est pour te justifier, à d'autres !), et avoir des chapitres où l'auteur raconte l'histoire qu'il pourrait écrire est un peu étrange, et inconfortable. Donc pas vraiment un roman de fiction, ni une autobiographie, c'est un livre qui ne sait sur quel pied danser. Alors que d'autres ont réussis le tour de passe-passe (John Irving par exemple dans The world according to Garp lorsqu'il écrit à propos d'un écrivain, tout en incluant des morceaux du livre écris dans le livre, y incluant des morceaux autobiographiques ), Daniel Pennac lutte à y mettre une colle cohérente, tout celà se joue à une histoire d'epsilon insignifiant mais qui au final s'accumule et manque le coche.

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Publié le 17/09/2005 à 23:56
Édité le 17/09/2005 à 23:56

Thorn - Vena Cork

Thorn Premier roman de Vena Cork, ce sombre Thorn est d'une ambiance inquiètante. Départ plutôt timide, une mise en place rapide, mais avec assez peu d'éléments d'intrigues, sauf toute l'inquiétude maternelle d'un mère, les hameçons sont justes touchés du doigt. Au deux-tiers du bouquin, le rythme s'accèle et prend une autre direction et dimension, plus inquiétant, plus dense et mieux travaillé. Le style est fluide et l'aspect psychologique des personnes est valide.
L'histoire se passe à Londres, avec assez peu d'incursions (Soho, Kilburn) hors du cadre école-maison. Miss Thorn vient de perdre son mari, renversé par une voiture, et doit reprendre un travail en tant que professeur de théatre à l'école du coin, où elle doit également y inscrire sa progéniture faut d'argent pour l'école privé. Plusieurs homicides parsèment le livre, du simple suicide déguisé à la mise en scène d'un maniac qu'il faudra l'ensemble du livre pour découvrir, après un rebondissement un peu inattendu. C'est surtout la vie de famille d'une mère ayant à gérer ses deux enfants, son veuvage et son travail, qui dominele second tiers du livre, écrit avec piquant par Vena Cork.
Bien écrit, avec cependant un petit virage final un peu posé là, Thorn photographie une tranche de vie comme elle pourrait exister.

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